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Gouttières et chéneaux en zinc au bord de la mer

Gouttière pendante, nantaise ou chéneau, sel, aiguilles de pin, dilatation : ce qu'il faut savoir pour qu'une zinguerie en zinc dure sur la côte charentaise.

Par Steeve Dallau, couvreur6 min de lectureZinguerie

Solin et bavette en zinc soudés au pied d'une souche de cheminée en pierre, entre des tuiles canal neuves

Sur les maisons de la côte charentaise, de Rochefort à Royan en passant par l’île d’Oléron, le zinc reste le matériau traditionnel des gouttières, des chéneaux et des habillages de toit. Bien posé et entretenu, il dure. Au bord de la mer, il demande simplement plus d’attention qu’ailleurs.

Voici comment reconnaître le type d’évacuation de votre maison, ce que le sel et le vent changent, et les signes qui doivent vous faire appeler un zingueur.

Pourquoi le zinc

Exposé à l’air et à la pluie, le zinc se couvre d’une patine grise : une fine couche de carbonate de zinc qui protège le métal en dessous. C’est elle qui donne aux vieilles gouttières leur teinte mate.

Le zinc se façonne et se soude, ce qui permet de réaliser des pièces sur mesure : angles, naissances (le départ des descentes), bavettes autour d’une cheminée. Le PVC et l’aluminium existent aussi, pour d’autres budgets et d’autres usages. Sur une maison en pierre ou une villa du littoral, le zinc reste le choix le plus courant, et c’est le métal que nous travaillons.

Pendante, nantaise ou chéneau : trois façons de recueillir l’eau

La gouttière pendante

C’est la plus répandue : une gouttière demi-ronde suspendue sous le bord du toit par des crochets. Elle se voit, se contrôle et se nettoie facilement. Ses crochets doivent être assez rapprochés et solidement fixés pour porter le poids de l’eau et des débris, et résister au vent.

La gouttière nantaise

Posée sur le bas du toit, au-dessus de l’égout, elle se voit peu depuis la rue. On la rencontre souvent sur la façade atlantique. Son point faible : si elle déborde, l’eau peut passer sous les tuiles au lieu de tomber dans le vide. Elle demande donc un entretien régulier et des raccords irréprochables.

Le chéneau

Le chéneau est un canal intégré à la construction, en haut d’un mur, derrière un muret de façade ou entre deux toitures, habillé de zinc. On le trouve sur beaucoup de maisons anciennes de centre-ville. Comme il est encastré, une fuite ne se voit pas toujours tout de suite : l’eau entre directement dans le mur ou dans le plafond.

Ce que l’air marin change

Les fabricants de zinc le disent clairement : le sel marin accélère sa corrosion. Concrètement, au bord de la mer :

  • les parties que la pluie ne rince pas, sous un débord de toit ou à l’abri d’un mur, peuvent se couvrir de dépôts blancs. Selon les fabricants, ils sont surtout esthétiques, mais ils signalent une zone où le sel s’accumule et qu’il faut surveiller ;
  • les soudures et les fixations travaillent davantage : le vent fait vibrer une gouttière mal tenue, et une soudure qui fatigue finit par s’ouvrir ;
  • les pins parasols, très présents de La Palmyre à Oléron, remplissent les gouttières d’aiguilles et de pommes de pin. L’eau stagne, déborde, et l’humidité reste au contact du métal.

La qualité des soudures, le nombre de crochets et la régularité de l’entretien comptent donc plus ici qu’à l’intérieur des terres.

Les voisinages à éviter

Le zinc supporte mal certains contacts. D’après les recommandations du fabricant VMZINC :

  • le cuivre en amont : l’eau qui ruisselle d’un élément en cuivre vers du zinc est à proscrire en toutes circonstances ;
  • le contact direct avec l’acier ou la fonte ;
  • certains bois acides : chêne, châtaignier, mélèze, douglas, red cedar. Un point à vérifier quand une gouttière longe un bardage ou une planche de rive en bois ;
  • les produits trop acides ou trop basiques. Avant d’appliquer un produit de nettoyage sur un toit dont l’eau descend dans des gouttières en zinc, vérifiez sa compatibilité.

Ce qui fait une zinguerie bien posée

Les travaux d’évacuation des eaux pluviales sont encadrés par le DTU 40.5. Sans entrer dans le détail technique, trois points se contrôlent facilement.

La pente et le dimensionnement

Une gouttière doit avoir une pente régulière vers ses descentes, sans creux où l’eau stagne. Le nombre et le diamètre des descentes dépendent de la surface de toit qu’elles reçoivent. Une gouttière propre qui déborde à chaque grosse pluie est souvent sous-dimensionnée, ou manque de descentes.

La dilatation

Le zinc s’allonge à la chaleur et se rétracte au froid. Sur une grande longueur, la gouttière doit comporter un dispositif de dilatation, sinon les soudures et les fixations finissent par se fendre. Une fissure qui revient toujours au même endroit sur une longue gouttière doit faire penser à ce défaut.

Les points sensibles

Les naissances, les angles, les raccords avec les descentes et les solins concentrent la plupart des fuites. Au pied d’une cheminée, par exemple, la bavette en zinc doit épouser la forme des tuiles canal et être soudée proprement. C’est ce type de détail qui garde un toit étanche.

Entretenir sa zinguerie

  • Nettoyez les gouttières au moins une fois par an, à l’automne après la chute des feuilles et des aiguilles, et une seconde fois au printemps si la maison est sous des pins.
  • Posez une crapaudine à l’entrée de chaque descente. Cette petite grille en forme de dôme empêche les aiguilles de boucher le tuyau. Elle se nettoie aussi.
  • Vérifiez les crochets et les colliers de descente après chaque coup de vent.
  • Faites contrôler les chéneaux et les gouttières nantaises plus souvent que les gouttières pendantes, puisqu’une fuite y passe inaperçue.

Au-delà du rez-de-chaussée, ce travail se fait avec un équipement adapté, pas depuis une échelle posée contre la gouttière.

Les signes qu’il faut intervenir

  • une gouttière qui déborde par pluie ordinaire ;
  • des coulures ou des traînées vertes ou noires sur la façade, sous la gouttière ;
  • un goutte-à-goutte à un raccord ou à une soudure ;
  • une gouttière qui penche, vibre ou s’écarte du mur ;
  • une flaque ou un sol creusé au pied d’une descente ;
  • une tache d’humidité au plafond sous un chéneau.

Une soudure ouverte ou un crochet arraché se réparent. Quand les fuites se multiplient sur toute la longueur, ou quand un chéneau a déjà été rapiécé plusieurs fois, le remplacement complet devient plus raisonnable qu’une nouvelle réparation.

Si l’eau a déjà atteint la couverture, une réparation de la fuite sur le toit passe avant le remplacement de la gouttière.

Questions fréquentes

Peut-on associer zinc et cuivre sur un même toit ?

Il faut éviter que l’eau coule d’un élément en cuivre vers un élément en zinc : les fabricants l’excluent. Faites vérifier l’ensemble avant d’ajouter une pièce en cuivre sur une toiture équipée de zinc.

Les grilles de gouttière évitent-elles le nettoyage ?

Elles limitent l’entrée des feuilles, mais les aiguilles de pin peuvent s’y accumuler. Elles ne dispensent pas d’un contrôle régulier. La crapaudine à l’entrée de chaque descente reste le minimum.

Ma gouttière nantaise déborde : est-ce grave ?

Plus que pour une gouttière pendante, car l’eau qui déborde peut passer sous la couverture et atteindre les bois. Faites-la nettoyer et contrôler sans attendre.

Pour une gouttière, un chéneau ou un solin à reprendre à Rochefort, Fouras, Tonnay-Charente ou ailleurs sur la côte, consultez notre page zinguerie ou demandez un devis. Si la fuite vient plutôt des tuiles, notre article sur les vérifications après un coup de vent vous aidera à faire le tri.

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